Jan
WOW. Un vrai, grand WOW.
Depuis le temps que j’attendais le nouveau film de James Cameron (pour les moins cinéphiles, le papa des Terminator 1 et 2, des sublimes images sous-marines d’Abyss et du gigantesque Titanic), j’avais décidé d’aller le voir en Imax 3D à Disney Village, le seul écran Imax de la région ( L’IMAX est un format de pellicule capable d’exposer des images d’une plus grande taille et d’une meilleure résolution que les pellicules conventionnelles). Malheureusement, les syndicats du RER A en ont décidé autrement… Bon, plan B: je vais au Max Linder. Pour ceux qui ne connaissent pas encore cette salle parisienne mythique, le Max Linder Panorama est un cinéma indépendant avec un magnifique écran panoramique et un son exceptionnel (c’est le seul cinéma labellisé THX à Paris, la technologie sonore utilisée dans Star Wars et breveté par Mister George Lucas!). Il ne fallait rien de moins mythique et prestigieux pour apprécier ce film qui s’annonçait comme la révolution graphique du cinéma.
Le film commence, on met les lunettes 3D: c’est le point négatif de cette technlogie: les lunettes! Pas du tout pratiques à mettre quand on est déjà binoclarde à la base… En prime, je mets toujours une bonne demie-heure pour m’habituer à la vision 3D, qui me donne un bon mal de crâne.
Mais Avatar en vaut la peine. Aller voir Avatar, c’est s’accorder 2h40 de Dépaysement avec un grand “D”, loin de notre Terre, de notre galaxie! Nous autres spectateurs sommes plongés dans un monde follement coloré, exotique, insensé. On en prend plein la vue, tour à tour émerveillés, secoués, époustouflés; mais sans jamais s’ennuyer. Avatar est un bijou graphique et la 3D y est tellement naturelle qu’elle nous entoure, nous ennivre, nous habille d’une nouvelle peau: on est sur Pandora, la planète des Na’vis. Tout y est fluide, tout y scintille. On en redemande. ENCORE, de ces merveilleuses images dynamiques, à couper le souffle; ENCORE, de ces sensations fortes! A tel point qu’on est confus: est-ce une animation, sont-ce des images réelles, comment peut-on atteindre un tel résultat d’animation des na’vis? On remercie James Cameron d’être toujours à la pointe de la technologie, de ne jamais se contenter de l’existant et de toujours pousser la recherche; car ce film est l’aboutissement d’une année entière dédiée à la recherche et au développement nécessaires à la réalisation d’Avatar. On comprend mieux alors le demi milliard d’investissement évoqué à propos du projet. Réaliser Avatar, c’est tabler sur l’avenir des technologies 3D et de la performance capture, et repousser les limites du plaisir visuel. Quelle sera la prochaine étape?
Resituons l’action d’Avatar: dans un futur indéterminé, Jack Sully, ancien marine paraplégique quitte la Terre pour participer à une mission scientifique, en remplacement de son frère biologiste, mort peu avant le départ… Mais l’ADN de Jack, compatible avec celui de son frère, permettra de piloter des “avatars” faits de sang humain et de sang Na’vi, et qui permettront aux humains d’aller étudier de plus près la civilisation en place pour mieux s’approprier leurs ressources naturelles, dont la Terre a besoin pour continuer à vivre en consommant sans compter.
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Ma critique d’Avatar ne sera pas la chronique d’une perfection annoncée. Si visuellement le film impose le respect et un silence des plus humbles, le scénario, lui, reste criticable. J’aurai vraiment souhaité que le “maître” à qui l’ont doit Terminator, film d’action des mieux ficelés et dont l’action reste tout le temps maîtrisée, prenne plus de temps pour penser les us et coutumes des Na’vis. On s’attendait à un puits de créativité, à une vision du monde
réinventée pour mieux critiquer notre civilisation décadente et régie par la consommation; mais au lieu de ça, c’est une tentative bien superficielle de recréer une culture: nous voilà chez les “peaux bleues”, cousins des “peaux rouges”! James Cameron n’a imaginé qu’une énième civilisation indienne, comme il y en a eu tant d’autres sur notre Terre. Nous voulions faire un bond dans l’avenir, nous faisons un grand pas en arrière, pour nous vautrer dans la nostalgie mal déguisée des civilisations indigènes éteintes. Rien de bien neuf donc du côté de Pandora, pour faire passer le message écologique inhérent au film. Les Na’vis ressemblent finalement trop à des humains, des lèvres aux ongles, et sur ce point, quelle déception… ![]()
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Par ailleurs, le manichéisme dans Avatar est vraiment très pesant: les équipes scientifiques sont des “gentils”, les militaires et businessmen sont des “salauds”. La faible psychologie des personnages, principalement humains est assez abrutissante et indigeste, même si elle est finalement la cause de tout un enchaînement de scènes d’actions magnifiques.
Finalement, Avatar insiste tellement sur les sensations visuelles qu’on pourrait penser que Cameron a sous-estimé la base du cinéma: l’émotion à l’état pur, celle qui prend au corps, coupe la respiration, et réchauffe le coeur tout à la fois. Si Avatar avait réussi cet exploit, il aurait été un film exceptionnel, le plus grand film de tous les temps; au lieu de cela, Avatar est un film certes unique par la qualité graphique proposée et les moyens déployés, mais seulement “excellent”, ce qui peut être suffisant pour la plupart des longs métrages, mais qui ne l’est pas quand on s’avère être le budget le plus cher du cinéma.
Avec Sam Worthington, Sigourney Weaver, Zoe Saldana, Michelle Rodriguez, etc.
Production: Lightstorm Entertainment, 20th Century Fox
Distribution France: Twentieth Century-Fox Film Corporation


















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