Vance

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Dernières Critiques

  • The Social Network
    Un film maîtrisé de bout en bout, construit pourtant sur une succession de flashbacks et flashforwards articulés sur des séquences de conciliation judiciaire, d'une lisibilité extraordinaire malgré l'abattage des comédiens et les termes techniques employés. A l'image de l'excellente BO (Trent Reznor + Atticus Ross), l'oeuvre est brillante et lumineuse et transcende le simple biopic pour échafauder une sorte de panorama de la jeunesse actuelle, de ses codes, ses excès et déviances, ses idoles et son mode de fonctionnement chaotique. Chaque angle, chaque entrée et sortie de champ sont pensés et font sens, la trame entière se construisant dans des décors élaborés à l'extrême, plus ou moins ouverts sur l'extérieur à l'image de la psyché controversée du nerd absolu qu'est Zucherberg, partagé entre son seul ami, à la personnalité solaire, et le seul qu'il admire, le fantasque créateur de Napster. Plus qu'un biopic, la chronique d'un monde ancien qui s'effondre sous le poids de conventions et de valeurs dépassées et le récit d'une idée qui bouleverse la société.
  • Le 13è Guerrier
    Vrai-faux film maudit, "le 13e Guerrier" ne parvient pas à masquer ses lacunes et ses incohérences malgré un bon casting et une mise en scène ultra-efficace. De nombreuses séquences démontrent tout le talent (incontestable) de McTiernan pour mettre en place l'action et rendre les affrontements les plus lisibles et ludiques possible (l'arrivée des guerriers dans la forêt rappelle le même passage de Predator), mais aussi pour gérer l'espace par des panoramiques vertigineux et un sens rare de la profondeur de champ. Mais cette manière de rester entre le récit initiatique, la quête mystique (c'est l'adaptation d'un texte de Crichton lui-même adapté de la légende de Beowulf) et le blockbuster d'aventures-action décrit dans la bande annonce rend l'ensemble bancal, d'autant que la BO de Goldsmith, écrite à la dernière minute suite à des projections test catastrophiques, paraît souvent décalée.
  • Bronson
    Film choc où Nicolas Winding Refn met en scène la vie du prisonnier le plus controversé d'Angleterre telle que lui-même la raconterait, c'est à dire avec force délires, autoparodies, excès et mensonges. Personnage détestable ne s'exprimant qu'au travers de la violence, il a réussi à mettre à genoux le système pénitentiaire d'un pays entier, incapable de le gérer, mais sans qu'on identifie clairement ses motivations - autres que celle de se faire connaître par la seule manière qu'il maîtrise. C'est un brillant exercice de style avec encore une BO exceptionnelle et cette tendance à installer des séquences "chromatiques" (ambiances rouges ou bleutées) qui rappellent furieusement Kubrick, d'autant que le sujet renvoie régulièrement à Orange mécanique. Mais les ruptures de rythme volontaire et la personnalité même de Bronson (interprété par un exceptionnel Tom Hardy) rendent l'ensemble au mieux inconfortable, souvent agaçant, voire insupportable. On y voit davantage un enchaînement de scènes géniales qu'un véritable film. A voir tout de même
  • Moonrise Kingdom
    un sommet et peut-être un tournant dans la carrière de ce metteur en scène pas comme les autres. Tout son art y est concentré, traité avec une méticulosité presque fanatique qui empêche parfois d'être emporté par l'émotion. Mais l'excellence du casting, la splendeur des compositions, le génie de certains plans, la richesse des décors balaient tout. C'est très fort, souvent doux-amer ou loufoque et parfois drôle.
  • Le Trésor de la Sierra Madre
    un film magistral sur la soif de l'or et son impact sur les relations humaines. Dans son jeu frisant l'outrancier, Bogart est proche de l'autoparodie et met en valeur ses deux compagnons par son cynisme, sa méfiance confinant à la parano et, finalement, sa folie. La version restaurée offre une très belle profondeur de champ et une image étonnante de piqué. Beaucoup moins un film d'aventures qu'un conte moral, à la fin aussi tragique qu'ironique.
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