CINEDINGUE
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The Tree of Life
Ca y est! Je suis allé voir LA Palme dOr du dernier Festival de Cannes, celle délivrée par Robert de Niro himself au metteur en scène le plus excitant (le plus absent aussi!)de ces quarante dernières années même sil na tourné que cinq films! Quelle excitation à lidée de découvrir le chef doeuvre annoncé, le nouveau « 20013! Laissez-moi vous dire que la déception est à la hauteur de cette excitation!
Comment donner un pitch de ce film? Ce serait un film sur la vie, le rapport de lHomme à la Nature, vu à travers lhistoire dune famille avec trois enfants (des garçons) dont le père est un monstre dautorité et dexigence, qui perd un de ses enfants&
Je vais commencer par les bonnes choses, puisquil y en a : linterprétation, tout dabord, est magistrale. Aussi bien les enfants, tous excellents en particulier le fils aîné qui incarne la souffrance de lenfance avec une justesse infinie que les parents avec un Brad Pitt comme dhabitude parfait et la révélation Jessica Chastain, bouleversante. Dautre part, Mallick nous gratifie de passages visuellement magnifiques, proches du miracle.
Concernant les mauvaises choses, le pire réside dans le début et la fin du film. Pendant une vingtaine de minutes, Mallick nous sert un flot dimages du cosmos, de magma et même une paire de dinosaures tout droit sortis de « dinotopia »! Il faut saccrocher, me dis-je alors plein despoir! Sensuit alors un récit à la chronologie éclatée, lomniprésence des voix offs des différents personnages à la teneur hautement philosophique à la place de vrais dialogues et lapparition de Sean Penn dans le rôle du fils adulte dont on nentend guère non plus le son de la voix hormis en off. Pour finir, ce salmigondis mystico-new age trouve son apogée dans une scène finale sur une plage où il ne manquerait plus que les personnages se fassent tourner un pétard en entonnant « let the sun shine ». Au générique de fin, je suis partagé entre une déception sans précédent et un vrais soulagement que ce soit terminé! Vivement son prochain en espérant quil ne se cachera pas pendant vingt ans&
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The American
« The American » débute dans un paysage enneigé et isolé. On découvre un couple très vite pris pour cible par un tireur délite: lhomme, Jack, élimine celui-ci ainsi que sa compagne. Jack semble être à la fois un tueur professionnel et une cible. Il se réfugie alors en Italie dans le petit village de Castel Del Monte qui abrite une centaine dhabitants. Toujours sur ses gardes, Jack sent la menace se rapprocher&
Deuxième long métrage dAnton Corbijn après le génialissime « control« , biopic sur Ian Curtis le chanteur de Joy Division, « the American » est un film difficile à vendre et mal vendu. En effet, si lon regarde la bande annonce ou laffiche, on sattend à un film daction à la Jason Bourne et lon se met le doigt dans loeil! Esthétiquement magnifique, « the American » est en réalité un thriller existentiel à la mise en scène volontairement austère. Pour incarner Jack, George Clooney démontre à nouveau quil est un acteur fabuleux aux multiples facettes. Son personnage froid, mutique paraît tout droit sorti de chez Sergio Leone! Côté scénario, il est intéressant de noter que Rowan Joffé est le fils de Roland Joffé, le réalisateur de « Mission ». A titre de comparaison, le rythme très lent, contemplatif, du film me fait penser à celui de « Somewhere » de Sofia Coppola, et comme ce dernier, pourrait en rebuter plus dun. Moi, jadore!
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Miracle à Santa-Anna
New York, années 80. Hector Negron, un employé de banque noir abat sans raison apparente un immigré italien venu acheter des timbres. Un jeune journaliste, Tim Boyle, est autorisé à rencontrer le tueur avant son procès. Celui-ci savère posséder une tête de statue dérobée en 1944 dans lItalie occupée par les Allemands. Hector était membre des « Buffalo Soldiers », premier bataillon entièrement constitué dhommes de couleur, ayant débarqué notamment en Toscane cet été là, près dun village martyr nommé Santa Anna&
La sortie en vidéo de manière quasi-anonyme, puisquuniquement disponible dans les magasins FNAC, du dernier long métrage (de fiction) de Spike Lee dont le public français a déjà été privé en salles, me donne loccasion de vous en parler. Après un début proche du polar, très vite les flashbacks nous renvoient au film de guerre promis. Dans la forme, le film reste très proche du « soldat Ryan » de Spielberg. On peut se demander pourquoi Spike Lee sest lancé dans le film de guerre; et bien tout simplement pour traiter de ce bataillon uniquement composé dhommes noirs mieux considérés par les citoyens italiens que par leur pays. Il nous donne loccasion également den apprendre un peu plus sur le massacre de Santa Anna, sorte dOradour sur Glane italien.
Au final, cela nous donne un film ambitieux et assez maîtrisé dans la forme mais un peu naïf sur le fond et un peu long parfois, bref, pas indispensable. « Miracle à Santa Anna » aurait tout de même certainement trouvé son public, tellement de plus mauvais films ayant loccasion de nous être régulièrement présentés.
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Nous nous sommes tant aimés
Gianni, lavocat lombard (Vittorio Gassman), Antonio, le militant de gauche romain, brancardier dans le civil (Nino Manfredi) et Nicola, lenseignant napolitain passionné par le septième art (Satta Flores) deviennent amis au sein de la résistance italienne. A la fin de la guerre le trio se retrouve à Rome, où il rencontre une jeune femme, Luciana (Stefania Sandrelli). Ils vont saimer, se perdre, se retrouver, traçant, en creux, le bilan dune génération désabusée.
En 1974, « nous nous sommes tant aimés » est le huitième film dEttore Scola mais cest bien le premier à participer à la renommée de son auteur avant « affreux, sales et méchants ». Le metteur en scène italien nous offre à travers le récit de ces trente années damitié un voyage passionnant dans lHistoire de lItalie et de son Cinéma. Il nous montre par exemple à travers une scène de débat à la suite de la projection du « voleur de bicyclettes » de De Sica, la volonté farouche du parti « démocratie chrétienne » de supprimer le genre néoréaliste du paysage cinématographique de lépoque. On a également droit à une scène où les personnages se retrouvent sur le tournage de « la dolce vita » de Fellini avec lapparition du Maître lui-même et de Mastroianni. Et toutes ces références au Cinéma sont loccasion de belles trouvailles de mise en scène jubilatoires! Sans compter la magnifique interprétation du quatuor, Nino Manfredi en tête même si Aldo Fabrizi dans le rôle de lhomme daffaires véreux est fabuleux.
Un film magnifique, fleuron du cinéma italien des années 70.
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