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Critiques de "2001 : l'odyssée de l'espace"

  • Il est difficile décrire sur un film qui justement dépasse la parole, la raison et va au-delà& vers Jupiter et plus loin encore.

    Il est difficile de parler dun film dans lequel les vingt premières et les vingt dernières minutes, aucune parole nest prononcée. Un film dans lequel les images et la musique, celle de Johann et Richard Strauss, ainsi que le fameux Lux æterna de György Ligeti, qui fait exploser les atomes de votre corps, jouent un rôle aussi primirdial.

    Il est enfin difficile de parler dun film aussi métaphysique, même si ce terme est on ne peut plus dévoyé de nos jours.

    Le film de Kubrick, celui qui a le plus dérouté les critiques comme les spectateurs, est une révolution visuelle (certains conspirationnistes pensent même que ce serait Kubrick qui aurait réalisé le film de lhomme marchant sur la lune du 20 juillet 1969 et que pour le remercier la NASA lui aurait fourni les équipements nécessaires pour réaliser 2001), pensons par exemple au célèbre jump cut quil effectue à la fin de la première partie et qui voit lhominidé lancer un bout dos en lair et celui-ci se transformant en station spatiale, musicale, et surtout philosophique.

    Cest à dessein quil utilise comme musique de fin alors quapparaît cet enfant des étoiles le poème symphonique de J. Strauss, Ainsi parlait Zarathoustra daprès louvrage éponyme de Nietzsche. Le film est en effet construit, en prenant certes beaucoup de liberté et avec linterprétation bien personnelle de Kubrick, selon les Trois métamorphoses de lesprit que Nietzsche nous livre dans son Zarathoustra. Dabord, lesprit devient chameau, celui-ci représente la charge de porter le savoir ; cest ainsi que lon peut interpréter lacquisition de la connaissance qui se déroule au début du film à laube de lhumanité. Lesprit devient ensuite lion. Celui-ci se rebelle contre ce quil a appris, contre ce quil est ; les humains ont construit un ordinateur HAL 9000, dont lintelligence peut rivaliser avec celle de lhomme. Finalement, lesprit devient enfant ; « Innocence est lenfant, et un oubli et un recommencement, un jeu, une roue qui delle-même tourne, un mouvement premier, un saint dire Oui », écrit Nietzsche. Quand lastronaute après avoir pénétré cet autre espace-temps se transforme en fStus, il épouse lamour de son destin et se dirige vers un éternel retour non de ce quil a été, mais de ce quil pourrait être.

    Lune des scènes les émouvantes quil ma été donné de voir de toute ma vie, cest au moment où le professeur David Bowman (Keir Dullea) doit débrancher HAL. Scène dautant plus poignante que lon a vu précédemment la relation quentretenaient les deux, qui jouent même aux échecs ensemble. Mais HAL devient fou ; la créature croit mieux savoir que le créateur : cest la mission qui passe avant tout et il ne permettra pas que de simples mortels puissent la mettre en danger. Il nous rappelle la créature créée par Victor Frankenstein, HAL aussi veut gagner son autonomie. Et il va jusquà tuer pour cela.

    Et pointe ici tout le pessimisme de Kubrick qui séloigne en ce sens du livre dArthur C. Clarke (comme sur bien dautres points dailleurs) : lintelligence conduit vers la damnation, vers la folie, vers lincompréhension que lon produit chez les autres. Au début du film, lintelligence que viennent dacquérir ces hominidés les conduit à vouloir dominer leur congénères et se concrétisent dabord par un meurtre ; et on voit le regard médusé des autres quand lun dentre eux apprend à se servir dun os dun animal mort comme arme. HAL, de même, une fois que se produit « lerreur dans le système », une fois que le fantôme a pénétré dans la machine, assassine un des astronautes, cela pour la bonne réussite de la mission dont il est le seul à connaître le véritable but.

    Au moment où Bowman veut le débrancher, il se met à& chanter. Daisy Bell, une chanson composée en 1892 : « Daisy, Daisy, give me your answer, do, I'm half crazy all for the love of
  • Un des plus grand chef-d'oeuvre du cinéma. De l'introduction préhistorique jusqu'au final montrant un fétus revenir vers la terre le tout sur une musique de Strauss. Kubrick entre dans la cour des plus grands (pour ne plus jamais la quitté) et les effets -spéciaux de Trumbull sont magnifiques.
  • Une fin d'antologie.
    Un film précurseur et visionnaire.

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